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Marie Galante : Des arawaks à nos jours....

Le pays a été occupé au premier millénaire par les populations amérindiennes (Arawak puis Caraïbes). L’arrivée des Européens date du 3 novembre 1493, lors du second voyage aux Amériques de Christophe Colomb, qui prend possession de l’île au nom du roi et de la reine d’Espagne.

Peuplée par les Amérindiens et non colonisée par l’Espagne, Marie Galante est occupée en 1635 par la France, qui y introduit l’économie de plantation. De grandes propriétés sont établies avec des travailleurs agricoles originaires de France et d’Europe, remplacés ensuite par des esclaves noirs venant des côtes d’Afrique (commerce triangulaire). Après l’abolition de l’esclavage en 1848, des travailleurs sous contrats (indiens, africains appelés Congos à Marie Galante) sont recrutés pour les travaux agricoles. Le métissage de ces différentes populations amérindiennes, indo-européennes et africaines a donné naissance à la population et à la société créole marie-galantaise.

illustration des arawaks marie-galante
trianon roussel avec la rose du brésil hotel marie-galante
photo moulin marie galante
Chateau murat avec la rose du brésil hôtel Marie-Galante
Moulin bézard avec la rose du brésil à capesterre de marie galante
Distillerie Bellevue avec la rose du brésil marie galante
sortie charette à boeufs marie-galante
Les vicissitudes des politiques et des guerres européennes ont entraîné au cours des XVII, XVIII et XIX è siècles des occupations successives de l’Angleterre et de la France, qui en a gardé la souveraineté depuis 1815 et a institué le Département d’Outre-mer de la Guadeloupe en 1946, auquel Marie-Galante est rattachée. Marie-Galante est une île de l’Union Européenne (RUP: Région Ultrapériphérique) au même titre que les îles grecques, italiennes, françaises, espagnoles et portugaises de la mer méditerranée ou de l’océan atlantique (Canaries, Açores et Madère), les îles anglaises et irlandaises de l’océan atlantique ou les îles danoises, suédoises ou finlandaises de la mer baltique.
Au IIIe siècle, les Arawaks étaient installés sur l'île, qu'ils appelaient Touloukaéra. Les Caraïbes l'occupèrent au ixe siècle et lui donnèrent pour nom Aïchi ou Aulinagan, terre à coton. Les populations amérindiennes cultivaient aussi du manioc et avaient appris l'usage des plantes médicinales. Ils vivaient également de la pêche. On a trouvé dans des grottes et dans les vestiges de leurs villages des céramiques, des pétroglyphes et des objets religieux. Puis l'île fut baptisée le 3 novembre 1493 Maria Galanda, lors du second voyage de Christophe Colomb, prenant ainsi le nom de sa caravelle qui l'aurait abordée à Anse Ballet. Une cinquantaine de colons français fut installée en 1648 à proximité du lieu-dit Vieux-Fort, par le gouverneur Charles Houël. En 1653, un second fort est bâtit à Grand-Bourg. La population souffrait de conditions de vie difficiles et subit les attaques des Caraïbes jusqu'en 1660, année où un traité de paix fut signé à Basse-Terre entre autochtones et colons. Pendant cette seconde moitié
du XVIIe siècle, les premiers esclaves furent amenés d'Afrique à Marie-Galante pour cultiver les plantations. En 1671, la population noire constituait 57% des habitants. Des Hollandais juifs exilés du Brésil s'installèrent aussi, en apportant leurs techniques de la culture de la canne à sucre. En 1676, une flotte hollandaise enleva la population et pilla ses installations. Après le repeuplement de l'île, ses nouveaux habitants furent attaqués trois autres fois par les Hollandais. De 1692 à 1816, Anglais et Français se disputèrent l'île à cinq reprises. Au cours de cette période, Marie-Galante fut indépendante de 1792 à 1794. En 1790, sur 11 500 Galandais, 9 400 étaient des esclaves. En 1838, un incendie dévasta Grand-Bourg, et en 1843, l'île fut touchée par un tremblement de terre.

Les révoltes d'esclaves et l'intervention des abolitionnistes français aboutirent en 1848. À Marie-Galante, l'abolition définitive de l'esclavage fut fêtée pendant 3 jours et 3 nuits autour de la mare au punch à l'Habitation Pirogue. Mais ces événements ne marquèrent pas la fin des violences coloniales.

 

Lors des élections législatives de 1849, les forces de l'ordre réprimèrent, au morne Rouge, les affranchis qui s'opposaient à la fraude organisée par

les grands planteurs. Il faudra attendre 1920 pour que des descendants d'esclaves deviennent propriétaires d'une sucrerie à Marie-Galante.

 

En 1865, un cyclone puis le choléra frappèrent l'île et sa population. En 1902, un second incendie dévasta Grand-Bourg. Des cyclones touchèrent encore l'île en 1928 et 1995.

La naissance de l'industrie cannière et des moulins

Apparue au XVIème siècle, la canne à sucre, importée par les portugais au Brésil, fut ramenée par les amérindiens qui ne la plantait que pour le plaisir d'en goûter le jus sucré. C'est avec l'arrivée en Guadeloupe de 900 réfugiés hollandais du Brésil, spécialistes en fabrication et en raffinage du sucre, que l'industrie cannière vit le jour. L'impulsion atteint bientôt Marie Galante où plusieurs colons, parmi les moins pauvres et les plus aventureux, ajoutèrent la culture de la canne à celles du tabac et des vivres. On dénombrait déjà 5 moulins à bêtes en 1665 sur l'île et 16 en 1691. Ces derniers étaient construits en bois et leurs chapeaux en paille ; ils furent tous brûlés la même année, avant le départ des anglais. Les moulins à vent n'apparurent dans les Antilles qu'après 1700. Ce n'est que vers 1720 que l'on compte de nouveau 12 moulins. On en dénombre 20 en 1727. Le XIXème siècle verra l'exploitation quasi exclusive de la canne à sucre et la multiplication des moulins à vent sur l'ensemble du territoire. C'est au total 105 moulins à vent et à bêtes qui vaudront à Marie Galante l'appellation de "l'île aux cent moulins". Encore aujourd'hui, certains d'entre-eux offrent le plaisir de la découverte comme ceux des Habitation Murat, Trianon-Roussel et Bézard, nouvellement et magnifiquement restauré. L'industrie sucrière est à son apogée quand est prononcée l'abolition de l'esclavage en 1848, ce qui entraîne son déclin et la fermeture progressive des moulins dont le rendement est inférieur aux nouvelles usines à vapeur installées à Pirogue, Dorot, au Robert et à Grande-Anse - cette dernière reste la seule en activité aujourd'hui. Le cyclone de 1928 donnera le coup de grâce aux moulins de Marie Galante.

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