Rattachée à la Guadeloupe depuis
1974, l'île de Marie-Galante, surnommée aussi "grande
dépendance", compte aujourd'hui une population de 12500
habitants. La pêche, l'élevage et l'industrie cannière
en particulier, qui occupent 72 % de la population
de l'île, constituent l'essentiel de son économie.
La canne est transformée
en rhum dans les trois distilleries de l'île après avoir
été coupée à la main et transportée sur les "kabwet"
(charrettes à boeufs). Surnommée le grenier de la
Guadeloupe pour l'avoir alimentée en cultures vivrières
pendant la deuxième guerre mondiale, cette île à
l'histoire mouvementée, se tourne aujourd'hui vers
le tourisme vert, qu'elle développe en offrant aux
visiteurs le charme de son mode de vie traditionnel,
la beauté de ses plages et un accueil sans égal dans
toute la caraïbe. Ouverte au monde moderne
qui l'entoure et auquel elle sait s'adapter, elle
conserve cependant un caractère traditionnel et
simple.
Très pudique et attachée aux valeurs du respect et du
savoir-vivre, sa population surprend par sa
politesse non feinte et son hospitalité. Le "Bonjour",
le "Merci", ainsi qu'une tenue de ville "en ville" sont
donc les "sésames" de véritables échanges. Quel que soit
le moyen d'accès choisi pour se rendre sur l'île,
le visiteur sera surpris par la luxuriance de la
végétation de Marie-Galante. A peine quitté les plages
tout droit sorties de la photo "cliché" des Antilles,
Marie-Galante reste à découvrir...
Géographie
Situation : 43 km au sud-sud-est de Pointe-à-Pitre.
D'une superficie de 158 km2, Marie-Galante, qu'on appelle
aussi "La Galette" pour sa forme plutôt circulaire
(15km de diamètre), est constituée d'un plateau calcaire
divisé en deux parties inégales par une faille nommée
"barre de l'île" ; Les Bas au Nord, Les Hauts au Sud à
150 m de hauteur. Son relief culmine à 204 mètres d'altitude
au morne Constant. Les trois communes principales sont
situées en bordure du littoral : au Nord-Ouest, le bourg de
Saint-Louis qui s'ouvre sur la Mer Caraïbe, au Sud-Ouest,
le chef-lieu de l'île : Grand-Bourg, et au Sud-Est, sur la
côte Atlantique et protégé par une longue barrière de corail,
le village de pêcheurs de Capesterre.
Climat
Son climat tropical, sec et ensoleillé est adouci par les
Alizés. Le soleil se lève entre 5 et 6 heures chaque matin
pour se coucher entre 18 et 19 heures. La température de
Marie-Galante varie entre 25° et 31°. Du fait de son faible
relief, sa pluviométrie n'excède pas 1 mètre 50 l'an, moins
encore côté atlantique. Deux saisons y alternent ; "le carême",
période très sèche qui dure de décembre à avril et
"l'hivernage", période pluvieuse qui s'étend de mai à
novembre (on entend par périodes pluvieuses de courtes ondées
intenses qui rafraîchissent l'atmosphère).Ces deux saisons se
distinguent moins par leur écart de température que par leur
degré d'humidité.
Cyclones et dépressions
La période dite"cyclonique" s'étend du 15 juillet au 15 novembre. La plupart du temps, celle-ci ne prend réellement
effet qu'à la fin du mois d'août et dans le mois de septembre. Apparaissant sous la forme de simples perturbations
tropicales au large des îles du Cap Vert, les cyclones peuvent évoluer - quand les conditions sont réunies -
en dépressions tropicales puis en tempêtes tropicales et enfin en cyclones. "Hugo" fut l'un d'eux qui dévasta la
Guadeloupe dans la nuit du 16 au 17 septembre 1989.
Goûtez le parfum salé des embruns,
le
bonheur n'est pas loin ...
Les plages 
De Capesterre, au Sud-Est, jusqu'à Vieux Fort au Nord-Ouest,
la côte Marie-Galantaise offre aux amateurs de baignade
douze plages quasi-désertes tout au long de l'année où la
température de l'eau oscille entre 26 et 29°. Abritées
par les cocotiers et les raisiniers pays, toujours de sable
fin et blanc, elles invitent à la lecture, aux sports
nautiques,
aux grands repas familiaux des fêtes de Pâques, à la chasse
aux images, à la pêche ou tout simplement à la rêverie.
Côte sous le vent...
Douce comme la mer des Caraïbes. Entre Vieux-Fort et la
Pointe du Cimetière, une succession
d'anses abrite les plages du "Massacre", de l'Anse Canot et
de Moustique. Ces plages, face à l'ilêt Vieux-Fort, servent
également de mouillage aux plaisanciers et proposent des
aménagements tels que barbecue, carbets et parkings.
La belle plage de Saint-Louis s'étend doucement jusqu'à la pointe de Folle-Anse, où de nombreux palétuviers baignent
leurs racines. La plage des trois îlets, aménagée pour les pique-niques fait face aux îles des Saintes.
A partir de Grand-Bourg et jusqu'à la Pointe des Basses, s'étalent les plages du Troisième Pont et des Bébés.
Réputées pour leurs eaux calmes et peu profondes, elles
sont très fréquentées par les enfants.
Océan Atlantique...
De l'aéroport à la douce plage de "Petite-Anse", surnommée "le lagon bleu"
ou "la baignoire" pour la barrière de corail qui l'abrite, la côte atlantique présente un relief de cayes piquantes
où les vagues se fracassent dans des gerbes spectaculaires d'écume. Les pieds dans l'eau, la petite commune
de Capesterre borde la longue et magnifique plage de
"la Feuillère". Cette dernière accueille certainement
le plus grand nombre de visiteurs chaque année. Plus loin
après les Caps, les marcheurs découvriront la plage des
galets et celle de l'Anse Feuillard que l'on atteint par
un petit sentier. Ses eaux claires et son isolement font
d'elle le site privilégié des amoureux où l'on prendra
cependant soin de se protéger de la morsure brûlante du
soleil car l'ombre y est rare et la réverbération étonnante.
Plus à l'est, la côte devient rocheuse et cède rapidement la
place aux falaises qui occupent le quart Nord-Est du littoral.
Paysages
Marie-Galante fut riche en cultures vivrières jusqu'après la réforme foncière de 1964 qui généralisa la culture de la canne sur l'île - jusqu'à couvrir près de 80% des terres agricoles -. Aujourd'hui "Terre à sucre et à rhum", sa flore abondante agrémente toujours ses mornes et offre de splendides spectacles de couleurs, notamment aux abords de la barre de l'île. Jardins et plantes, Promenades ; La rivière "Vieux-Fort" abrite de nombreux palétuviers et offre aux visiteurs une promenade écologique, tandis que la zone marécageuse dite "Les sources" située entre Saint-Louis et Grand-Bourg alimente de nombreuses ravines où poussent manguiers, abricotiers, tamariniers, amandiers, arbres à pain et d'autres espèces végétales comme le bambou. Les forêts sèches abritent le plus souvent le bois d'inde qui constituait la matière première des charpentes des premières habitations traditionnelles construites en gaulettes. Plantés par l'homme ou spontanés, les frangipaniers, avocatiers, maracudjas (fruits de la passion), bougainvillées, corrosoliers, hibiscus de toutes couleurs, citronniers, papayers, flamboyants écarlates, fromagers, goyaviers, sapotilles, pommiers malaka ou poirier, constituent une partie de la végétation de Marie-Galante. D'autres variétés d'arbres moins inoffensives, comme le mancenilier dont le fruit et le feuillage sont toxiques ou l'acacia Saint Domingue, buisson aux terribles épines, forment également le paysage de cette terre qui contraste nettement avec les bords de mer abrités par les cocotiers et les raisiniers pays. Les promenades au chateau Murat, à l'habitation Trianon-Roussel, à la mare au punch de pirogue, ou la randonnée aux abords des falaises au nord de l'île agrémentent merveilleusement
le séjour des visiteurs. La faune locale ; On dénombre sur l'île de nombreuses espèces d'oiseaux dont, entre-autres,
les colibris (oiseaux-mouches ou fou-fou), ortolans, tourterelles, sucriers, grives, sisi-zèb, gliglis (petits faucons), hérons verts (kio), hérons blancs (détiqueurs) que l'on retrouve le jour près des élevages de bovins. Les falaises du nord de Marie-Galante accueillent le nid des frégates et des paille-en-queue. Les mangoustes, nombreuses près des zones sèches, ont été amenées sur l'île pour chasser les serpents des colonies. Elles ont malheureusement fait disparaître les iguanes de l'île. Le "Racoon" (raton-laveur), trop chassé par l'homme est aujourd'hui très rare et fait partie des espèces protégées comme la tortue molokoy, très appréciée pour sa chair, qui vit dans les mares. Endémique de nos îles, les chauves-souris sont omni-présentes. Différentes espèces de papillons butinent dans les jardins tout au long de l'année. Font aussi partie du paysage, entre-autres espèces nombreuses de lézards qui peuplent l'île, les "mabouyas" nommés aussi "gékos" qui se nourrissent de moustiques, abondants en période de pluie, et les libellules qui font des festins de leurs larves. La scolopendre (mille-pattes), dont la taille peut atteindre 25 centimètres, constitue le seul vrai inconvénient de l'île en raison de sa morsure très douloureuse.
La naissance de l'industrie cannière et des moulins
Apparue au XVIème siècle, la canne à sucre, importée par les portugais au Brésil, fut ramenée par les amérindiens
qui ne la plantait que pour le plaisir d'en goûter le jus sucré. C'est avec l'arrivée en Guadeloupe de 900 réfugiés hollandais du Brésil, spécialistes en fabrication et en raffinage du sucre, que l'industrie cannière vit le jour. L'impulsion atteint bientôt Marie-Galante où plusieurs colons, parmi les moins pauvres et les plus aventureux, ajoutèrent
la culture de la canne à celles du tabac et des vivres. On dénombrait déjà 5 moulins à bêtes en 1665 sur l'île et 16 en 1691. Ces derniers étaient construits en bois et leurs chapeaux en paille ; ils furent tous brûlés la même année, avant le départ des anglais. Les moulins à vent n'apparurent dans les Antilles qu'après 1700. Ce n'est que vers 1720 que l'on compte de nouveau 12 moulins. On en dénombre 20 en 1727. Le XIXème siècle verra l'exploitation quasi-exclusive de la canne à sucre et la multiplication des moulins à vent sur l'ensemble du territoire. C'est au total 105 moulins à vent et à bêtes qui vaudront
à Marie-Galante l'appellation de "l'île aux cent moulins". Encore aujourd'hui, certains d'entre-eux offrent le plaisir de la découverte comme ceux des Habitation Murat, Trianon-Roussel et Bézard, nouvellement et magnifiquement restauré. L'industrie sucrière est à son apogée quand est prononcée l'abolition de l'esclavage en 1848, ce qui entraîne son déclin et la fermeture progressive des moulins dont le rendement est inférieur aux nouvelles usines à vapeur installées à Pirogue, Dorot, au Robert et à Grande-Anse - cette dernière reste la seule en activité aujourd'hui -. Le cyclone de 1928 donnera le coup de grâce aux moulins de Marie-Galante.